La Compagnie des Animaux

Gino, la magnifique perle noire dont personne ne voulait !

Le 20/08/2026

Gino, la magnifique perle noire dont personne ne voulait !

Bonjour, je suis Gino et vais vous raconter mon histoire. J’ai vécu très heureux, en compagnie de ma fille Zoé, chez mes humains, jusqu’en juillet 2023. Un jour, ils nous ont dit : « On part à l’étranger, vous allez vivre chez des amis et, dès que nous serons bien installés, on viendra vous chercher ». « Létranger », on ne savait pas trop ce que c’était, mais bon : on a fait confiance, on allait les attendre… Mais voilà : ils ne sont jamais revenus, les amis se sont lassés, on a dû changer de maison. Et puis, de maison, de maison… six fois, vous rendez-vous compte ? Il fallait à chaque fois s’adapter aux habitudes de vie de la famille et nous étions complètement tourneboulés. Finalement, nous avons atterri à l’adoption et étions dans une chouette famille d’accueil qui avait elle-même déjà un chien, avec lequel nous nous sommes très bien entendus dès notre arrivée. Mais ils nous ont expliqué que nous n’étions là que de passage (encore !) et que, bientôt, nous aurions une vraie famille définitive, et que nous resterions de toute façon toujours ensemble, Zoé et moi. Malheureusement, entre le rêve et la réalité, il y a un grand pas et notre adoption double par une mamy de quatre-vingt ans a été un fiasco. Elle ne s’était pas rendu compte qu’accueillir deux canidés, c’est quand même du travail et, deux jours plus tard, nous revenions à la case départ dans notre famille d’accueil, sous prétexte d’un mal de dos de cette adoptante un peu trop âgée.  Zoé, plus jeune, elle, a trouvé une adoptante. Pas moi : qui aurait voulu d’un chien senior, quasiment sourd et aveugle et noir par-dessus le marché ? Pourtant, j’ai bien des qualités, vous savez : doux, discret, calme, obéissant, s’entendant avec les chiens, les chats, les enfants, qui n’aboie même pas, mais 13 ans et 4 mois et pas une seule demande ! Papy Gino restait sur le carreau. La responsable de l’association m’a fait une fiche sur son site web, sur sa page Facebook, ainsi que sur Seconde Chance, afin d’essayer de me « booster » autant qu’elle le pouvait, mais… ?  Rosy vous raconte : « Et c’est là que je t’ai trouvé, mon brave pépère. Chaque semaine, je cherchais sur notre site web cinq seniors qui seraient mis en évidence tout au long de la semaine sur notre page Facebook. Quand j’ai vu ta photo, je l’ai immédiatement sélectionnée : j’allais te faire un post vantant tes qualités. Tu étais un chien de petite taille, c’est très recherché par les potentiels adoptants et, en général, ils partent très vite. Et puis, réflexion faite, quand j’ai vu que tu avais treize ans et quatre mois et que l’espérance de vie de ta race est de quatorze ans, j’ai bien compris que tu aurais des dizaines de commentaires remplis de compassion et des partages, mais que ce n’était pas cela qui t’apporterait des demandes d’adoption. (Ce qui s’est révélé réalité a posteriori quand j’ai abordé le sujet avec la responsable de ton association : jamais tu n’en avais eu une seule après ta parution sur les réseaux sociaux). Rien, nada, nothing, niete » Et me voilà donc ADOPTE par Rosy ! A moi une maison de plain-pied, un grand jardin, la pinède pour mes deux promenades journalières à cent mètres, deux copains de deux et neuf ans et une gentille maman, tout ça pour moi, oui, oui ! Oh, je me suis bien vite adapté, no problem et j’étais le plus heureux des chiens. Loulou était plus circonspect mais, au bout de quelques jours, il a compris que cela n’était pas cette brave pâte, quasiment muet, qui allait lui disputer son rôle de chef de meute. Et, du moment que je ne m’intéressais pas à sa balle, c’était tout ce qu’il voulait : on allait me faire une place sur le grand coussin du salon et j’avais mon panier attitré pour la nuit dans le bureau. Dès qu’il a fait un peu plus frais, Usha a commencé à quitter son panier pour se réfugier tantôt dans celui de Loulou, tantôt dans le mien ; elle n’a pas fait de différence. Elle me léchait le dos avec beaucoup d’application et, le matin, je te retrouvais tout mouillé, mais pas mécontent du traitement qu’elle m’infligeait. C’était sa façon à elle de m’accepter. A bout d’une semaine, Rosy a tenté l’expérience de détacher ma laisse lors de notre promenade et je suis resté parfaitement à ses pieds, comme Loulou l’avait fait peu après son arrivée : nous étions de la même race, deux cockers américains parfaits ! Ce qui n’est pas vraiment le cas de la petite coquine, cavalier king Charles, moins obéissante, mais la sagesse vient avec les années et c’était notre benjamine… ». Ecoutez Rosy : « Il faut quand même que tu dises que, parfois, je devais courir en criant Ginooooo sur le chemin ! Pas parce que tu voulais me quitter, mais parce que tu n’y voyais plus très bien et que tu me cherchais. Plus tu me cherchais, parfois en revenant sur tes pas, plus tu te dépêchais et te mettais à courir, affolé ! Et tes oreilles non plus ne sont plus ce qu’elles étaient, cela ne t’aidait pas dans tes recherches. Quelle angoisse ! Heureusement que j’ai toujours réussi à te rattraper ». J’ai été très heureux et puis, et puis… ma démarche s’est faite plus lente (j’avais été opéré d’une hanche à l’âge de neuf ans et, si cela ne m’avait pas gêné jusqu’à présent, là, mes vieux os commençaient à regimber). Peu à peu, mes promenades ont été réduites et j’avais bien du mal à tenir sur mes quatre pattes… Quatre jours avant mes quatorze ans, je suis parti tout là-haut dans les étoiles, laissant mon humaine bien désemparée… mais je sais que je lui laisserai un doux souvenir et serai à jamais dans son cœur. Nous nous sommes tant aimés, même pour une période décidément trop courte ! Roselyne de Seconde Chance