La Compagnie des Animaux

Batso, merveilleux prince noir

Le 21/03/2026

Batso, merveilleux prince noir

Batso, notre merveilleux Prince noir Je me souviens… C’était l’été…..en 2014. J’errais seul dans la rue. J’avais faim, j’avais mal, mes pattes me portaient à peine. J’avais appris à ne plus attendre grand-chose des humains… jusqu’à ce jour. Une personne s’est approchée de moi, doucement. Elle avait une voix tendre. Elle m’a regardé et m’a dit qu’elle ne pouvait pas me laisser là. Alors je l’ai suivie, sans comprendre, mais avec un tout petit espoir au fond du cœur. Elle m'a emmené dans un endroit où les animaux sont recueillis...... ça s'appelle un refuge. C'était celui du Gard.  Là-bas, on m’a donné à manger. On m’a laissé dormir. Enfin. On pensait que j’avais appartenu à quelqu’un car j’étais calme, gentil et bien élevé. Peut-être….. Moi, je ne savais plus très bien. On m’a soigné. J’avais mal partout, et cette toux qui ne me quittait pas… et mes hanches… elles me faisaient souffrir. Mais pour la première fois depuis longtemps, on prenait soin de moi. Le vétérinaire avait déterminé mon âge à environ 8 ans.Les jours ont passé. J’ai repris un peu de force grâce aux bons soins des bénévoles du refuge et j'ai pu être proposé à l'adoption. Séance photo dans une petite piscine, vous savez ces coques bleues pour les enfants! Et oui il faisait chaud et j'aimais l'eau ! Je tirais la langue, bien évidemment et là, surprise: ma langue était bleue comme celle d'un chow-chow ! C'était ma petite particularité! Je ne savais pas encore que cette photo allait bouleverser ma vie. C'était un samedi, le 4 octobre 2014, fête de la Saint-François-d’Assise, je ne l’oublierai jamais…… C'était aussi les "portes ouvertes" du refuge! Il y avait beaucoup d'animation, des personnes affluaient près des boxes, s'extasiaient devant les chiens qui essayaient d'attirer leur attention. Moi, je n'y croyais plus. Qui voudrait d’un chien comme moi ? Trop vieux. Trop grand. Trop noir. Trop abîmé. Et puis… la porte de mon box s’est ouverte. Un bénévole s’est avancé vers moi : « Ça y est… ils sont venus pour toi ! » Mon cœur s’est mis à battre très fort. Pour moi ? Vraiment ? Je les ai vus. Ils me regardaient… avec douceur. Avec amour. Comme si j’étais déjà à eux. Leurs mains se sont posées sur moi. Des caresses… encore et encore. Je n’osais pas y croire. Ma queue s’est mise à bouger toute seule. Mon cœur s’est mis à battre très fort. C’était eux mes nouveaux parents humains : Maryse et Thierry. Ils avaient fait des kilomètres… pour moi. Rien que pour moi ! Ils savaient déjà qu’ils allaient m’adopter. Moi, j’avais trouvé ma famille ! Je suis monté dans leur voiture. Avec un peu d’aide… mais surtout avec une joie immense. Je laissais derrière moi ma vie d’avant. Et je partais vers quelque chose que je n’avais jamais connu : l’amour. Comme les émotions ça creuse, nous nous sommes arrêtés dans un petit restaurant avant de reprendre la route...... Maryse et Thierry s'étonnaient de me voir si calme et confiant. Moi, j'étais aux anges ! J'ai même eu droit à un petit steak haché, rien que pour moi !  J’étais sage, confiant. J’étais… heureux ! Puis la route. Longue. Mais je n’avais plus peur. J’étais en sécurité. Nous sommes arrivés plusieurs heures plus tard à Ferney-Voltaire, dans l'Ain. Je suis entré dans la maison comme si j’avais toujours vécu là. C’était chez moi. Enfin !  Le temps s’est écoulé tranquillement entre les promenades, les longues siestes, les bons repas et les gros câlins. Oh, les câlins…. Je ne connaissais pas tout ça. Alors chaque jour était une découverte. Le matin, j’étais tellement heureux de voir Maryse et Thierry que je me tortillais dans tous les sens. C’était ma façon de dire : « Merci d’être là… merci de m’aimer… » J’avais même un matelas rien que pour moi. Doux. Confortable. Moi qui avais connu le froid et le dur… Et manger… oh, comme j’aimais ça ! Quand ils arrivaient avec ma gamelle, je sautillais comme un chiot. Parce que moi, je savais ce que c’était… de ne rien avoir. Ils essayaient de jouer avec moi. Une balle… ils la lançaient… et me regardaient. Je ne comprenais pas. Alors… je les laissais aller la chercher. Ça les faisait rire. Moi aussi ! Les bisous… ça, je ne connaissais pas non plus. Maryse me serrait fort et me murmurait qu’elle m’aimait. Au début, ça me surprenait. Puis… j’ai compris. C’était ça, être aimé. Chaque matin, j’accompagnais Maryse pour nourrir ses deux vieux chevaux (28 ans, recueillis eux aussi) et, quand elle préparait leur nourriture, je pensais que c'était pour moi et je sautais devant elle, tout joyeux. J’étais heureux de tout. Absolument tout. Et puis… un jour… ils ont trouvé cette chose en moi. Un cancer. J’ai essayé d’être fort. Pour eux. Pour rester encore un peu. Je voulais continuer à vivre ces moments… ces petits bonheurs qui étaient devenus mon monde entier. Ils ont tout fait pour moi. Mais parfois… l’amour ne suffit pas à retenir la vie. Le 22 juin 2016, je suis parti. Maryse tenait ma patte. Elle pleurait. Thierry aussi. Moi… j’étais apaisé. Parce que je savais. J’avais été aimé. Vraiment aimé. Aujourd’hui, je suis ailleurs… mais je ne suis pas loin. Je veille sur eux. Parfois, je viens dans leurs rêves. Juste pour leur dire : Merci ! Merci pour ces deux années qui ont été toute une vie pour moi. Moi, Batso… leur petit Prince noir. Je ne les oublierai jamais. Et je sais… qu’eux non plus. Maryse, de l'association CAATS