L’accueil :
C’est décidé, on accueille un deuxièmee chien ! Il sera tout aussi exceptionnel que mon premier chien
d’amour. Je les vois déjà jouer et dormir ensemble. Ce sera trop mignon !
C’est parti pour acheter le starter pack du nouveau chien : collier, harnais, laisse, longe,
gamelle d’eau, gamelle de bouffe, des jouets, des « trucs à mâcher », le coussin (on reprend
son souffle).
Bref, tout le matériel en double adapté à la taille du deuxième chien. « J’ai pris un seul grand
coussin, comme ça ils dormiront ensemble » Non, certainement pas. Un grand coussin chacun
et on verra bien comment ils voudront s’organiser. Pensez bien qu’avec un chien
supplémentaire on multiplie les affaires et les dépenses, on ne divise pas.
Pareil pour les promenades, il faut des promenades adaptées aux deux chiens. En durée et en
intensité. Quels sont vos capacités physiques ? Si la première promenade n’est pas suffisante
pour l’un, pourriez-vous repartir pour un second tour ?
Pour l’alimentation, ne projetez rien sur ce qu’il va aimer ou non, ce qui va lui convenir ou non.
Fiez-vous à l’alimentation de sa première vie (que ce soit chez l’éleveur ou à la SPA/asso ou le
propriétaire avant vous) Une fois acclimaté vous ferez ce que bon vous semble, selon ce qui
convient ou non à ce chien.
L’écueil : prendre un deuxième chien sans prendre en considération le premier.
Le premier chien vous a eu pour lui tout seul. Personne ne l’embête, personne ne lui tire les
oreilles. Toutes les ressources sont à son unique disposition. L’arrivée d’un deuxième chien va
bouleverser chaque seconde de sa vie. C’est pour cette raison précise qu’il faut absolument
choisir un compagnon qui corresponde en premier lieu à votre premier chien.
Les questions à se poser sont les suivantes :
Qui sont les super copains de mon chien ? Mâle ou femelle ? Est-ce qu’il s’entend mieux avec
les copains plus jeunes, plus vieux ou d’âge équivalent ?
Quand ils jouent avec un bâton, qui y porte le plus d’importance ? Comment gère-t-il le partage
des ressources ? A la maison, comment se comporte mon chien quand un de ses copains visite
le logement et touche à ses peluches, à ses jouets ?
Ces questions vont vous orienter sur le choix du chien à venir.
Financièrement, est-ce que ça va le faire ? Deux fois plus de nourriture, deux fois plus de tout.
Comme on dirait au scrabble « mot compte double » : les notes d’ostéopathie, de vétérinaire,
de pension, de toilettage, etc... tout se compte double.
Les choses à mettre en place pour que cela se passe bien :
Faire respecter les besoins de l’un et de l’autre. On ne doit pas ramener un chiot et se dire « ils
vont se débrouiller ensemble ». Non, je suis garante du bien être de chien 1 et chien 2. Si l’un
embête l’autre et qu’il ne sait plus quoi faire pour que le premier cesse de l’embêter, là, il aurait
fallut intervenir depuis un moment déjà.
Séparer les chiens pour que chacun ait des temps de repos.
En réalité, je préfère m’organiser pour séparer les chiens les premiers temps (jours, semaines
ou mois) et décider des moments les plus opportuns pour les mettre en contact comme le
moment de la promenade, par exemple.
Je préfère que les chiens prennent leurs habitudes dans leur coin et seulement après lever les
barrières progressivement. Savoir vivre séparément pour réussir à vivre ensemble.
D’expérience, les chiens bien éduqués arrivent très vite à cohabiter ensemble parce
qu’ils respectent les règles que je leur fixe. Donc les premiers temps à vivre séparément vont
me permettre de donner une petite base d’éducation au nouvel arrivant.
Je connais plein de clients qui ont intégré le nouveau chien (chiot, junior, adulte) du jour au
lendemain. Chez certains, ça s’est très bien passé à court et long terme. Et chez d’autres, ça a
fonctionné court terme mais pas au-delà. Et encore d’autres, pour qui le début a été chaotique,
et qui s’est ensuite transformé en une belle situation sur le long terme. Je vois de tout. Je
n’espère qu’une seule chose, c’est que vous mettiez toutes vos chances de votre côté.
Je vous recommande d’être honnête envers vous-même et de réellement prendre le temps de
connaître votre premier chien. Demandez l’avis de votre pet-sitter et de votre pension. Ils
connaissent le caractère de votre chien quand il est en collectivité. Et surtout ne vous
vexez pas, si nous ne partageons pas votre avis.
Il arrive parfois que des clients fassent allusion à l’adoption d’un second chien. Honnêtement,
je comprends à quel point c’est tentant. Je vous donne mon avis et je vous formule des
recommandations. Bien sûr que oui, c’est vous qui décidez. Par contre, quand je vous mets en
garde et que rien n’est prévu pour « au cas où les chiens ne s’entendent pas », là, c’est
dommage. C’est très frustrant.
Alors que quand le « au cas où ça ne fonctionnerai pas » est pris en compte, des solutions de
replis sont accessibles immédiatement et ça permet de ramener le calme. Cela évite les
situations de panique et les décisions à chaud.
On peut ainsi, réfléchir, tester des configurations et voir ce qui fonctionne. Se donner du temps.
Voir si on arrive à avoir du mieux. Et prendre une décision honnête.
Si l'on choisit de replacer le dernier arrivé, sachez que cela prend du temps. Inutile de mettre la
pression aux associations et aux SPA. Faites savoir que vous cherchez une meilleure situation
pour le chien et patientez. Il vaut mieux que le petit dernier subisse un seul replacement
efficace plutôt que d’enchaîner cinq replacements par manque de temps.
Même si ce dernier paragraphe est peu réjouissant, c’est une réalité.
Maintenant que j’ai fait la rabat-joie, je vous souhaite à tous de réussir vos intégrations de
second chien. D’ailleurs j’ai souvent entendu, que c’était plus difficile de faire la place à un
deuxième. Mais ensuite, quand il y a de la place pour deux, il y a de la place pour trois…
Deux chiens (qui s’entendent bien), c’est aussi deux fois plus d’amour, deux fois plus de poils.
C’est aussi espérer offrir un copain de jeu pour son premier chien. J’ai pleins d’exemples très
encourageants qui donnent envie de se lancer dans l’aventure !
Ce sera une réussite quand vous me direz : « le premier chien le vit bien et le deuxième à
trouvé sa place. Là, c’est une réussite ! »
A mon sens, le premier point primordial, c’est d’avoir la ressource financière suffisante. En deuxième
lieu, avoir un état d’esprit malléable pour réorganiser l’intérieur afin de faciliter la colocation. Deuxième
ex-aequo : avoir la patience d’apprendre la vie au nouveau et de pardonner ses erreurs de
débutants.
En troisième, ne pas trop se formaliser sur la régression possible de votre premier chien aux côtés du
nouveau.
Ensuite, les autres problèmes seront plutôt gérables.
Bérénice & Newzea