Adopter un senior, c’est aimer, aimer, aimer… et être aimé !
Avez-vous déjà visité un refuge ? Vu de jeunes chiens tout fringants s’agiter dans leur cage, tout excités, qui semblent vous dire : « Prends-moi ! Prends-moi ! » et qui rassemblent un public enthousiaste, prêt à accéder à leur désir ? Il est certain qu’ils trouveront rapidement un bon foyer et feront la joie des enfants de la famille et de leurs parents.
Et, dans la cage suivante, un chien réfugié tout au fond de l’habitacle, collé au mur, prostré : plus un mouvement, à quoi bon ? Personne ne prend la peine de s’arrêter pour le regarder : il est perdu dans la pénombre et ne cherche pas à attirer l’attention ; au contraire, il voudrait disparaître ! Oh, lorsqu’il est arrivé, il a bien essayé… Tout d’abord, il espérait toujours voir arriver son maître qui lui aurait dit : « Mais, qu’est-ce que tu fais là, mon bonhomme ? Je t’ai cherché partout ! Allez, sors de là, viens vite ».
Mais non, un parent de la famille l’a amené dans cet endroit bruyant et il n’en comprend pas la raison. Comment pourrait-il savoir que son humain a eu un accident de la vie, est entré en maison de retraite, ou pire ?
Il ne comprend pas non plus que les autres, au bout de quelques jours, sont à nouveau prêts au départ, joyeux et frétillants, avec un collier tout neuf, attachés à une laisse, avec un monsieur ou une dame à l’autre bout : en avant pour de nouvelles aventures et la Vie est belle !
Pas juste, ça ? Eh bien non, mon pauvre, mais tu ne le sais pas, toi : un chien, cela ne se regarde pas dans un miroir. Tu es devenu moche et vieux, là. Qui voudrait encore de toi, hein ?
Alors, si vous voyez un p’tit père malheureux qui n’espère plus rien, s’il vous plaît : arrêtez-vous et prenez le temps de l’observer. Tout étonné, au bout de quelques minutes, il finira par quitter le fond de son triste habitat pour s’approcher des barreaux et, peut-être, vous léchera la main ?
Adoptez-le, sauvez-le. Ah oui, il faut en être conscient, toutou ne sera pas là pour longtemps : peut-être quelques années, au pire quelques mois. Sa vie avec vous sera parfois difficile car la vieillesse apporte ses bobos et ses désagréments. Mais vous ne pouvez pas savoir la gratitude et la reconnaissance qu’il vous témoignera et de l’amour qu’il aura dans son cœur pour vous jusqu’à son dernier souffle, heureux de cette belle fin de vie que vous lui aurez offerte.
Cette « expérience », si l’on peut appeler ça comme cela, vous laissera certes, de la tristesse à sa mort, de la mélancolie par la suite, et enfin un immense bonheur d’avoir pu apporter joie et réconfort à un chien qui n’attendait plus rien… Ils le méritent, n’hésitez pas à sauver un senior : bonheur partagé assuré !